Vous allez aimer le BIM

La planification, l’estimation et l’analyse des risques, des processus plus collaboratifs et une meilleure gestion du chantier. Et tout ça dans la bonne humeur ? Plongez dans le BIM.

Pourquoi les processus de modélisation des données du bâtiment ont-ils tant de mal à se démocratiser dans le secteur de la construction ?

« Le problème majeur, c’est que tout le monde – ou presque – pense que le BIM (Building Information Modeling) se résume à faire du dessin en 3D. Ce qui est assimilé à une perte de temps quand on a l’habitude de travailler sur des plans en 2D», souligne David Grassin, – Référent BIM de TPF-i. « Or, la seule notion importante à retenir dans le BIM, c’est le “ I “ qui veut dire information ».

Cette maquette numérique révolutionne la conception, la réalisation, l’exploitation et la gestion des bâtiments et des parcs fonciers en réunissant sur un même document amendable l’ensemble des données utiles à tous les intervenants d’un même chantier. Un partage qui génère un nouveau type de collaboration en cours d’expérimentation sur l’aéroport Marseille Provence…

 

Un outil complet de la conception au renouvellement du bâtiment

« Réaliser la synthèse en BIM, c’était une première pour notre équipe et nos principaux partenaires (Schneider Electric, Eiffage) sur un projet de cette ampleur, prévoyant le remplacement de la centrale de secours d’alimentation électrique de l’aéroport : un bâtiment formé notamment de cinq cellules comportant chacune un groupe électrogène pour une puissance totale de 15 000 kVA ; le raccordement au réseau comprenant la construction puis le câblage d’une galerie électrique de 200 mètres de long et d’une partie « humide » incluant les réseaux d’eau chaude et d’eau glacée de l’aéroport, les équipements en plomberie, chauffage et ventilation du bâtiment de 1500 m2 », explique Florian Marquis, directeur d’affaires à la direction des opérations régionales Marseille Provence. Une nouvelle installation pour l’aéroport qui sera désormais pilotée à partir de plans de plus en plus précis. La maquette qui sera livrée par TPF-i à la fin des travaux, dans un an, permettra au client d’avoir des informations très détaillées pour intervenir avec rapidité et efficacité sur les incidents techniques ou les pannes dès la mise en service.

« Actuellement, la maquette de synthèse vient d’être présentée au COPIL de l’aéroport (AMP) en présence de la direction technique et de membres du directoire. La maquette numérique qui pourra constamment être enrichie et évoluer avec l’ouvrage est une source de sécurité et de diminution des coûts de maintenance. Elle sera également utile pour la reconversion ou la modernisation de la structure intégrant des données constitutives. C’est un outil complet de la conception au renouvellement du bâtiment».

Pour le moment, comment se passent les choses sur le terrain ?

 

En route vers l’Open BiM

« On a tâtonné au début, n’ayant qu’une entreprise rompue au BIM (Sdmo Industries) en plus de notre partenaire MAP Architecture. Il y a un investissement à faire en matière de formation, mais je remarque que tout le monde y trouve un intérêt.

Concrètement, Grégory Schellekens, responsable d’études chez TPF-i  a construit la maquette de synthèse en superposant les maquettes des différents intervenants, puis il a identifié les conflits et animé les réunions de synthèse (une dizaine) pour aboutir aux missions d’exécution. On prévient les défauts de construction en cours de réalisation. Et c’est beaucoup plus ludique que rébarbatif ! ».

Mais pas si facile.

Certes, il existe aujourd’hui un format d’échange normalisé et ouvert (IFC) qui permet par exemple, la collaboration d’un architecte travaillant sur « Archicad » et un bureau d’études travaillant sur « Revit ». C’est le cas sur la centrale électrique de l’aéroport. On peut comparer les maquettes des différents métiers grâce à certains logiciels gratuits. « Mais on se retrouve souvent dans le cas de celui qui pourrait lire un document « PDF » sans pouvoir le modifier ou accéder à toutes les informations ». Frustrant. « Avec Revit, nous avons quand même la possibilité d’être 100% BIM compatible. Ce logiciel (édité par Autodesk) prend tout en charge (électricité, plomberie, ventilation, architecture et structures). Il détecte également les conflits grâce à un paramétrage précis qui nous aide à régler les problèmes avant mise en chantier. Là encore, l’open BIM progresse puisque des logiciels gratuits comme « Tekla BIMsight » proposent cette fonction extrêmement utile. On travaille mieux avec moins d’aléas », juge David Grassin. La synthèse de la centrale de secours a pu être menée avec ce logiciel libre et accessible à tous.

Alors le passage au BIM, c’est quand même pour bientôt ? Oui, car tout le monde y a intérêt. L’Etat pourrait pousser à la roue en rendant son utilisation obligatoire pour répondre aux appels d’offres. C’est déjà le cas aux Etats-Unis (2005) et en Grande-Bretagne. Et, on voit combien cette technologie est utile pour le client dans l’exemple de l’aéroport.

Projets dernièrement étudiés en BIM par TPF-i, parmi lesquels : centre commercial du Prado – Marseille / Lycée Emmanuel Mounier – Grenoble / Collège Pierre Souverville – Pontfaverger / Hôtel Royal Mansour – Casablanca / Lil’Aéroparc – Lesquain / Construction d’un cercle MESS ENSOA – Saint-Maixent-l’Ecole / Pôle Agro-Biosciences B Université de Toulouse…